« J’y vois plus clair » – Juillet 2022 et Mars 2023

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« J’y vois plus clair » - Juillet 2022 et Mars 2023

C’est à partir du parcours et de l’œuvre de Jacques Semelin, historien spécialiste des génocides et des violences de masse, et de nos rencontres avec lui que le scénario de ce spectacle est construit.

 Une 1ère partie évoque l’itinéraire personnel de Jacques Semelin depuis l’âge de ses 16 ans où il apprend brusquement qu’il deviendra aveugle ! Le choc de sa vie !

–         « Vous avez une maladie irréversible de la rétine et vous allez perdre la vue ».

 Ce sont bien ces mots-là qu’il vient d’entendre.

–        “Mais quand ?”

–        « Personne ne saura vous le dire, mais ça arrivera ».

Il est comme absent au monde, gagné tout à coup par un immense désarroi. « C’est quelque chose de profond, comme une vague océane qui vous submerge, étouffante et glaçante à la fois ! » – « Que vais-je faire de ma vie ? »

Cette souffrance, il n’en dira rien à personne, ni à ses amis, ni à ses parents.

Alors, il va tout faire pour être comme les autres, pour ne pas paraître différent. Il tente de dissimuler qu’il ne voit déjà plus bien la nuit. Il fait « comme si » tout allait bien alors qu’il est déjà envahi par l’angoisse de la perte. Et pourtant, il est habité par la volonté de s’en sortir, de ne pas disparaître dans le brouillard qui envahit peu à peu ses yeux. Il fait preuve d’une incroyable rage de vivre.

 

La 2ème partie aborde l’autre choc de sa vie ! Sa visite à Auschwitz !

–           « Ma visite à Auschwitz a été un tournant. »

–           « Au moment où je suis en train de perdre la vue je ne suis pas sûr de terminer ma thèse et quand je suis allé dans ce lieu maudit, je les ai encore aperçus, ces montagnes de chaussures, ces tas de lunettes, ces monceaux de cheveux et ces valises entassées ;

–           « Pas envie de parler, juste le besoin de me recueillir.

–           « Et je me dis en moi-même « de quoi te plains-tu ? »

 

Jacques Semelin est revenu de ce voyage bouleversé, avec la ferme volonté d’arriver à la fin de sa thèse et de travailler un jour sur ce qu’on appelle aujourd’hui la Shoah et les autres génocides. Une volonté farouche de défier le sort qui lui était promis !

C’est suite au choc de sa visite à Auschwitz qu’il s’engagera dans la recherche sur les génocides.

 

La 3ème partie de ce spectacle la mettra en évidence. Une chose en effet est d’appréhender l’histoire par la connaissance, une autre de se trouver physiquement sur les lieux de la catastrophe, devant les traces qui attestent l’engloutissement de centaines de milliers d’êtres humains, principalement des juifs, mais aussi des Tsiganes, des Polonais et des prisonniers de guerre soviétiques.

Cette 3ème partie entraîne aussi le spectateur dans cette énigme française que Jacques Semelin a voulu élucider dans sa recherche :

–            Si 25 % des Juifs en France ont été tués, comment a- t-il été possible qu’une très large majorité d’entre eux, 75%, aient échappé à la mort ?

–           Comment expliquer ce taux de survie inédit en Europe dont les Français ont encore peu conscience ? 

–           Tenter de combler ce manque ne doit aucunement conduire à « oublier » les 25% de celles et ceux qui ont disparu, dont 11 385 enfants. Cette tragédie absolue est désormais incorporée dans notre mémoire nationale !

 

Le temps était donc venu 70 ans après, d’explorer davantage ce qui a permis aux trois quarts des juifs de France d’être encore en vie à la fin de l’Occupation !

Les attitudes de la population ont pesé d’un poids déterminant dans l’accueil ou le rejet des persécutés à l’heure fatale des déportations, pas seulement…mais les petits gestes de l’entraide ont été essentiels. Ce spectacle les met en lumière.

 

Ainsi, cette fresque scénique nous entraîne dans les résonances entre un itinéraire tourmenté et des histoires de vie de tous les dangers : un théâtre de la souffrance et de la mort mais aussi de la vie, de la solidarité, de la survie et de l’espoir – Une double énigme en quelque sorte personnelle et collective.

Un témoignage, un espoir, pour aujourd’hui, en particulier pour les jeunes générations !